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Classes à niveaux multiples.

Certains parents et enseignants “craignent” les classes à double, voire triple niveau. Si les parents des plus jeunes se font une raison, c’est parfois plus difficile pour les parents des enfants les plus âgés de la classe. Ils ont peur que leurs enfants soient “tirés vers le bas”.
Il faut savoir que ces classes sont fréquentes. Les enseignants savent faire avec, même si c’est souvent bien plus de travail. Parfois, de toute façon, il n’y a pas le choix, il n’y a pas de classe “pure” et tous les enfants d’un niveau sont en classe multiple. C’est souvent le cas des petites écoles.
Il faut savoir que le double-niveau a bien des avantages.
D’abord, lorsqu’on aborde une notion nouvelle, on l’aborde avec une moitié de classe seulement, l’autre moitié ayant un travail à faire sans déranger. Or avec une moitié de classe, on est bien plus disponible pour les enfants. Il est aussi bien plus facile de préparer des manipulations (genre une balance pour 4, c’est mieux qu’une pour 8 quand on apprend à s’en servir !)
Ensuite, quand on fait partie du groupe qui doit travailler seul, on apprend à être autonome, à ne pas rester “coincé” mais à passer à la suite de son travail, et à revenir plus tard sur ce qui bloque. On prend aussi l’habitude d’utiliser les outils à notre portée pour s’aider, sans faire appel à l’enseignant continuellement (reprendre sa leçon sur le cahier, aller chercher un Bescherelle…) On prend donc des bonnes habitudes de travail, on gagne en autonomie, on apprend à s’organiser. Des choses essentielles pour toutes ses études, donc. Ce sont aussi des apprentissages que l’on fait en niveau simple, bien sûr, mais en double-niveau, appeler l’enseignant est par moment réellement interdit, les enfants cèdent donc moins à la facilité d’appeler au secours pour s’entendre dire “relis ta leçon !” Ils doivent le faire par eux-mêmes.
Quant au fait d’être tirés vers le haut ou le bas, sornettes ! Effectivement, les plus jeunes profitent en général de remarques faites par ou aux grands. L’année d’après, ils ont déjà entendu parler de ce qu’ils vont faire, ça leur paraît dès lors tout à fait abordable. Ils sont donc peut-être un peu tirés vers le haut. Qu’en est-il des plus âgés ? Eux ne sont pas tirés vers le bas, ils sont plutôt poussés vers le haut. En effet, ils ne veulent pas être “rattrapés”, ils veulent jouer le rôle des grands qui en savent bien plus et qui ont bien plus d’expérience… Quoi de mieux pour avancer ?
Parents, si votre enfant se retrouve en double-niveau en septembre, voyez-donc cela comme une chance, nullement comme un handicap.

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Med.A Septembre 2015