Accéder au contenu principal

Le selfie

    

    Ça fait plus de deux ans qu’il n’a pas mis les pieds ici, son visage et sillonné de fatigue et de temps, il avance d’un pas hésitant. Même si le temps a passé, il se souvient encore de ce soleil brûlant de juillet et se plonge dans des souvenirs estivaux en plein hiver.

    Malgré la brume en suspension, on distingue les remparts de la ville. Sur le bastion formant une sorte de balcon, des couples assis sur les murets contemplent l'océan Atlantique se noyer doucement dans le crépuscule et les vagues acharnées se briser sur les écueils. Un endroit romantique, isolé à l’abri des regards, c’est la cible la plus convoitée de tous les amoureux. Un vrai décor de cinéma façon veille médina.

    Le vent glacial apporte avec lui la vision de ce souvenir amer qu’il n’arrive plus à chasser de son esprit : l’image de cette petite fille écrasée sur les rochers. Il s’arrête net devant la porte bleue de sa maison, puis monte les marches de cette vieille ruelle pour arriver sur le bastion. Il cherche son portable, le déverrouille. Il visionne le selfie  cause de ses maux. Il n’arrive pas à trouver une explication à ce qui s’est passé. Il est épuisé de se culpabiliser. Peut être qu’il n’aurait jamais dû prendre cette photo ?

    Dans sa tête, l’image de ce souvenir devient de plus en plus pertinente. Il s’adosse contre la muraille et fixe le sol mouillé par ses larmes. Il veut jeter un coup d’œil sur les roches mais il a peur de regarder. Il monte malgré tout sur le muret le dos tourné vers l’océan comme pour prendre un selfie. Il a cessé de pleurer car au fond de lui il a ce sentiment que doit avoir le croyant lorsqu’il va rencontrer son Dieu. Il aime la vie, or même le temps ne parviendra jamais à lui faire oublier cette voix qui ne cesse de répéter: « Attention Monsieur, ta fille va tomber…Attrape-la...Non! ».Il va se rendre à son destin… Et c’est là qu’il se donne la petite poussée nécessaire à sa chute libre.   

©Med octobre 2014

Commentaires

  1. Difficile de vivre quand on se sent coupable de la mort de quelqu'un. un sujet bien triste. Bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui Solange c'est très difficile.Merci pour ton passage.

      Supprimer
  2. SIMO bonjour
    tu sais je ne sais pas comment on peut continuer de vivre quand on pense avoir fait une faute
    et là ton texte est tellement triste SIMO
    je t'embrasse fort

    RépondreSupprimer
  3. Oui France c'est très difficile.Bsous

    RépondreSupprimer
  4. SIMO je viens te souhaiter un très beau NOEL avec ta famille
    je t'embrasse fort

    RépondreSupprimer
  5. SIMO BONSOIR JE VIENS TE SOUHAITER un beau réveillon et une belle année avec un peu d'avance je t'embrasse

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

La femme amazigh (bérbère).

La femme amazigh a su a travers l’histoire sauvegarder l’héritage culturel de notre peuple amazigh.Elle était en quelque sorte la garante d’une pérennité des traditions et coutumes de génération en génération. La grande mère était vraisemblablement l’école numéro 1 qu’affrontaient les nouvelles générations. Sa mémoire s’étendait bien à des éphémérides vielles des siècles qu’aux détails d’une vie que menaient imazighen en communauté.Elle animait les longues veillées hivernales aux travers de la narration de contes merveilleux et de légendes devant un auditoire multigénérationnel. Elle participeait activement aux différentes activités agricoles qui rythment la vie villageoise: ramassage de olives, cueillette de figues, entretien des jardins potagers, entretien des animaux de la basse-cour en plus, évidemment, de toutes les taches domestiques; cuisine, lessive et éducation des enfants...


Actuellement encore, elle continue à jouer ce rôle dans les compagnes et monts , mais dans l…

Le tajine marocain.

Comme le couscous le tajine est le plat traditionnel par excellence du Maroc, Il faut dire que ce mot magique est évocateur des parfums du Maghreb, c’est toujours une invitation à l’évasion et au voyage. Il tient bien son nom de l’ustensile typique en terre vernissée où non dans lequel on le cuit lentement au charbon de bois.









   ( mes deux  tajine)

Cuisiné avec un élément de base (boeuf, agneau, volaille ou poisson), Ce ragout rustique est complété selon l’humeur ou le marché, le tajine est une aubaine pour toute cuisinière dotée d’un peu de talent et d’imagination. Il peut se préparer avec toute sortes d’ingrédients, le tour de main restant à peu prés toujours le même.

Chaque cuisinière marocaine à sa recette, variations autour d’un ragout de viande ou de poisson accompagné de légumes ou même des fruits secs. Il faut veiller à bien parfumer l’ensemble ; Les épices et les aromates restent les éléments qui confèrent au tajine ce gout d’ailleurs qui le différencie d’un ragout ordinaire.…

Ça bosse..!

Voici  l'histoire drôle, racontée par notre amie Claude , d'un dromadaire qui salut un chameau.