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L'école aux campagnes marocaines.

Dans les campagnes marocaines, les douars sont très dispersés. Pour certains, l'école la plus proche est à une heure de marche. On comprend que ce qui peut être fatigant au printemps ou à l'automne avec de mauvaises chaussures sur un sentier parfois caillouteux, devient insupportable avec le froid de l'hiver, ou la chaleur étouffante de juin.
Partir de nuit, arriver en classe déjà fatigué, devoir tout apprendre d'une langue que l'on ne connaît pas (l'arabe, pour les Amazigh), et que ses parents ne pourront partager, on comprend que certains enfants abandonnent après quelques semaines.
Ici et là, à l'initiative des associations de villages, on a mis en place un bus scolaire; un progrès encore trop rare, car bien trop coûteux.
Ailleurs, on crée des classes improvisées, réunissant quelques élèves de douars isolés.

Le problème s'accentue quand l'enfant arrive au collège : l'établissement est souvent encore plus éloigné, et les parents, réticents à envoyer leur enfant encore bien jeune, si loin. Certains collèges ont un foyer d'accueil. L'excellent documentaire "Maroc, l'école en marche" de Benoît Califano (diffusé en mai 2004 sur France 5) montre ces femmes berbères du Moyen-Atlas), satisfaites du foyer du collège à 1h30 de leur village : leurs filles s'y sentent bien, en sécurité. Le reportage montre aussi la situation d'un père dont le fils, à la sortie de l'école, se retrouve parfois "coincé" par le crue de l'oued qui sépare l'école de sa maison, et ce père doit alors crier par-delà la rivière, pour demander à quelqu'un d'héberger son rejeton pour la nuit...

"Les taux de scolarisation des filles dans l'enseignement secondaire collégial demeurent encore faibles, particulièrement chez les filles rurales. Le taux national pour les deux sexes est évalué à 60,3%. Ce taux ne dépasse pas 16,5% chez les filles rurales. Les citadines inscrites dans ce type d’enseignement disposent d’un taux de scolarisation plus de trois fois supérieur à celui des garçons ruraux et presque cinq fois celui des filles rurales en 2003/2004."
Rapport du PNUD sur le Développement humain au Maroc, 2005
Le gouvernement essaye de luter contre tout cela,mais ce n'est pas suffisant, avec la distribution des fourniture scolaires en 2008 et 2009 ainsi que par le programme "Tissir" pour lutter contre l'abandon scolaire qui consiste à donner de l'argent au parents pour chaque élève qui ne s'absente pas.
L'école... pour quoi faire ?

L'enfant scolarisé manque déjà à la famille, pour les travaux agricoles. Mais en plus, les parents, souvent analphabètes, se demandent parfois à quoi peut bien servir cette école. "Pourquoi j’emmènerais mon fils à l’école si, après ses études, il n’a pas de travail ?".
Parfois, les pères s'opposent aussi à ce qu'un instituteur fasse l'éducation à leurs filles.
Scepticisme, méfiance, l'éducation est aussi à faire auprès des parents, dont le rôle, dans la progression scolaire et sociale de l'enfant, reste fondamental.

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Med A.
Mars 2016

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Med.A Septembre 2015